Navegación del blog

Sinclair – « J’ai attendu que mon hiver passe pour retrouver le printemps de ma vie »

2591 Visitas
 

Après plusieurs années de retrait, Sinclair signe son grand retour avec un best-of enrichi de deux inédits (Jamais su et La Rivière) et une nouvelle tournée. Pour Green Musicians, il revient sur son parcours, son rapport à l’industrie, aux instruments et à la scène.

Pourquoi revenir sur scène maintenant ?

« Ce n’est pas une décision réfléchie longtemps à l’avance. J’ai traversé une période compliquée, j’avais mis la scène et une certaine façon de faire de la musique de côté. Et puis un jour, mon associé m’a proposé de refaire des concerts. Ça a sonné comme une petite clochette dans ma tête, comme quand on tourne la page d’un livre pour enfants. Je lui ai dit : “Pourquoi pas, mais à condition que ce soit un truc de ouf.” À partir de là, tout s’est mis en place : les dates, le travail, les opportunités. J’ai dû attendre que mon hiver passe pour retrouver le printemps de ma vie. »

Pour Sinclair, ce retour est d’abord une question de plaisir, mais aussi d’exigence : « Je ne fais rien à moitié. J’ai attendu de me sentir prêt physiquement et mentalement, avec les moyens de réaliser exactement ce que je voulais. »

Tu as choisi d’accompagner ce retour avec deux inédits. Pourquoi ?

« Ce sont des morceaux que j’avais laissés de côté il y a vingt ans. À l’époque, je ne les trouvais pas aboutis. Aujourd’hui, ils me paraissent bons, et surtout, ils témoignent d’une période précise de ma vie. J’ai toujours tout enregistré en studio, ce ne sont pas des brouillons : ce sont de vrais morceaux. C’est important de montrer aussi ce processus. Quand on sort un album avec 12 titres, il y en a parfois 25 au total, et les autres restent dans les cartons. Là, j’avais envie de les partager. »

En revanche, Sinclair précise qu’il ne les jouera pas en concert : « Sur scène, je préfère un mélange de mes classiques et de titres récents de mon album Ce serait. Le show sera dense et énergique. »

Comment perçois-tu l’évolution de l’industrie musicale ?

« L’industrie du disque, ça reste une industrie. Moi, je suis un artisan. Depuis mon premier album en 1992, je garde mes droits et mes bandes. Ça m’a sauvé : quand j’ai compris que les majors développaient des produits plutôt que des artistes, j’ai choisi l’autoproduction. »

Ce choix n’est pas sans contraintes : « J’ai travaillé 17 heures par jour, mais quelle liberté ! Je refuse les compromis. Aujourd’hui, un label ne sert à rien. Les majors courent après les playlists, mais elles ne rapportent rien sauf aux artistes qui cumulent des milliards de streams. Je préfère me concentrer sur des objets concrets : vinyles, CD, même cassettes. Ce sont des supports qui matérialisent ma musique. »

Tu as changé de musiciens pour cette tournée. Comment les as-tu choisis ?

« Quand j’ai déménagé à Arles, j’ai voulu m’entourer de musiciens qui partageaient mon cadre de vie, le même soleil, le même mistral. Je les choisis selon trois critères : le niveau, le swing – il faut qu’on tourne de la même manière – et l’humain. On doit pouvoir passer des heures ensemble dans un bus et se regarder dans les yeux. »

Cette fois, tout s’est aligné immédiatement : « Je n’ai même pas eu besoin de tester, ça a marché tout de suite. »

Quel est ton rapport aux instruments ?

« J’ai gardé certains instruments très longtemps par attachement, mais récemment j’ai décidé de m’en séparer. J’ai vendu mes guitares qui ne m’apportaient plus rien et tous mes synthés vintage – un CS-70, un Jupiter-4, un Prophet… Ils étaient beaux, mais ils m’ancraient dans le passé, comme des chaussures de plomb dans mon studio. J’ai préféré les confier à quelqu’un qui allait vraiment les utiliser. »

Mais certains instruments restent intouchables : « Mon Rhodes suitcase, je ne le vendrai jamais. Il sonne comme celui de Stevie Wonder. Et ma SG, c’est mon épée du rock, je la garde pour toujours. »

Quels conseils donnerais-tu à un jeune musicien ?

« D’abord, être certain de qui il est. Ensuite, écouter seulement les conseils qui résonnent comme une évidence. Quand ça fait sonner la petite clochette intérieure, c’est bon. Sinon, on laisse tomber. Enfin, travailler non-stop. Mais surtout : être singulier. Plus on est naturel, plus on est unique. »

Comment travailles-tu en studio ?

« Mon premier instrument, c’est mon ordinateur – je travaille sur Cubase depuis 20 ans. Mais je joue aussi de tout. Les idées arrivent très vite, je dois les enregistrer immédiatement, quitte à ce que ce soit des brouillons affreux. Ensuite je développe. »

Il alterne analogique et numérique : « Les plugins sont géniaux, mais infinis. Si on ne fixe pas un set-up, on se perd. La contrainte, au contraire, stimule la créativité. »

Sur l’écriture : « Les meilleures chansons viennent quand musique et paroles naissent ensemble. Les textes ajoutés après coup, ça marche rarement. »

L’écologie est-elle un sujet qui te touche ?

« Bien sûr. J’essaie de faire au mieux, sans me blâmer. On demande beaucoup aux citoyens, pendant que l’industrie continue de polluer. Je fais attention, surtout à ce que je mets dans mon corps – alimentation, boissons, pensées. Pour mes tournées, je suis vigilant, même si je sais qu’il y a des limites. »

Un regard qui fait écho à la démarche de Green Musicians : favoriser l’occasion et le reconditionné pour limiter l’impact environnemental. « Quand on sait que neuf guitares sur dix ne sont plus jouées un an après leur achat, ça donne à réfléchir. »

Quelles sont tes inspirations musicales ?

« Prince m’a le plus inspiré. Sly Stone aussi. Tous deux incarnaient la liberté musicale, le mélange des styles au-delà des barrières. J’ai compris que mon salut artistique se trouvait là : mélanger les choses. »

Chez Green Musicians, nous partageons cette conviction : la musique doit rester libre, durable et indépendante. Comme Sinclair, nous croyons qu’il est essentiel de donner une seconde vie aux instruments et de défendre une création sincère, loin des compromis.

Le groove de Sinclair s’invite partout en France : découvrez les dates de sa tournée 2025-2026.

11.10.2025 – Toulouse, La Cabane
15.10.2025 – Marseille, Espace Julien
17.10.2025 – Lille, Casino Barrière
18.10.2025 – Versailles, Palais des Congrès
23.10.2025 – Reims, La Cartonnerie
24.10.2025 – Deauville, Casino Barrière
25.10.2025 – Enghien, Casino Barrière
31.10.2025 – Nice, Théâtre Lino Ventura
05.11.2025 – Bordeaux, Rocher de Palmer
07.11.2025 – Nîmes, Paloma
08.11.2025 – Puget-sur-Argens, Le Mas d’Hiver
14.11.2025 – Rouen, Le 106
15.11.2025 – Paris, La Cigale – COMPLET
27.11.2025 – Niort, Le Hangar
28.11.2025 – Pacé, Le Ponant
29.11.2025 – Quéven, Les Arcs
18.12.2025 – Lyon, La Rayonne
19.12.2025 – Arles, Cargo de Nuit
06.03.2026 – Nancy, L’Autre Canal
07.03.2026 – Mondorf-les-Bains, Casino 2000
12.03.2026 – Tours, Le Bateau Ivre
13.03.2026 – Orléans, L’Astrolabe
14.03.2026 – Caen, Le BBC
20.03.2026 – Aix-en-Provence, Le 6Mic
21.03.2026 – Montpellier, Le Rockstore
28.03.2026 – La Rochelle, L’Agora (La Sirène)
03.04.2026 – Montgeron, L’Astral
04.04.2026 – Guyancourt, La Batterie

 
¿Te ha sido útil este blog?

Deja un comentario

Código de seguridad